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Femmes en ruralités : quand la participation devient un levier face aux inégalités de genre

Les femmes rurales et agricoles occupent une place centrale dans la vie économique, sociale et relationnelle des territoires, tout en restant confrontées à des inégalités de genre persistantes. Celles-ci s’inscrivent dans un contexte marqué par un isolement multidimensionnel, à la fois géographique (éloignement des services, mobilité contrainte), social et relationnel (affaiblissement des réseaux, solitude), culturel et symbolique (normes de genre, poids du regard social) et institutionnel (dispositifs peu accessibles ou peu appropriés) (Galland & Lemel, 2018 ; Monier, 2021).

Cet article s’appuie sur une recherche menée sur deux années au sein de la Mutualité Sociale Agricole du Languedoc, combinant diagnostic territorial et recherche-action participative. À partir de l’expérimentation de groupes de parole en non-mixité féminine, il analyse les conditions de la participation des femmes rurales et agricoles, les freins au passage à l’action collective et les effets produits par des dispositifs co-construits.

Les résultats montrent que l’isolement, loin d’être un phénomène univoque, structure l’ensemble des expériences vécues et conditionne fortement l’engagement. Ils mettent également en évidence que la participation ne va pas de soi : elle dépend d’un ensemble de facteurs imbriqués (organisationnels, relationnels, émotionnels et institutionnels) et nécessite un accompagnement spécifique (Arnstein, 1969 ; Loncle & Rouyer, 2004). L’article interroge enfin les tensions que ces démarches participatives révèlent au sein du travail social institutionnel et les leviers qu’elles offrent pour penser des politiques publiques plus ajustées aux réalités des femmes en milieu rural.

1. Des ruralités plurielles, des inégalités persistantes

a. Ruralités et inégalités de genre : éléments de cadrage

La ruralité est une catégorie aux contours mouvants. Si elle est définie statistiquement comme l’ensemble des communes peu ou très peu denses, cette approche recouvre une grande diversité de situations territoriales, économiques et sociales. Il convient ainsi de parler de ruralités, tant les conditions de vie diffèrent selon les territoires, les filières agricoles ou les dynamiques locales (ANCT, 2019).

Près d’un tiers de la population française vit aujourd’hui en milieu rural, dont plus de 11 millions de femmes. Ces dernières occupent une place centrale dans la vie des territoires : elles travaillent dans les exploitations agricoles, exercent massivement dans les métiers du soin, animent le tissu associatif local et assurent une part essentielle de la reproduction sociale (Renard et Orange, 2022). En agriculture, leur présence s’est renforcée au cours des dernières décennies, relativement parmi les cheffes d’exploitation (Rasplus, 2022), plus parmi les salariées ou les nouvelles installées (MSA, 2022).

Pourtant, derrière ces évolutions quantitatives, les inégalités persistent. Les femmes rurales et agricoles sont confrontées à ce que l’on peut qualifier de double peine. Elles subissent, d’une part, les inégalités de genre communes à l’ensemble de la société : inégalités professionnelles, précarité économique, charge domestique accrue, violences sexistes et sexuelles, sous-représentation dans les espaces de décision. D’autre part, ces inégalités sont renforcées par les contraintes propres à la ruralité : éloignement des services publics et de santé, faiblesse des transports collectifs, déserts médicaux, fracture numérique, moindre accès aux dispositifs d’accompagnement.

Cette double peine produit des effets cumulatifs sur les trajectoires de vie des femmes rurales et agricoles. Elle limite l’accès aux droits, fragilise la santé (notamment mentale et reproductive), entrave la reconnaissance professionnelle et restreint les possibilités de participation sociale et politique (Galland & Lemel, 2018). L’isolement, sous ses formes géographique, sociale, relationnelle, culturelle et institutionnelle, apparaît alors comme un mécanisme central de reproduction de ces inégalités.

Si ces enjeux bénéficient aujourd’hui d’une visibilité accrue dans les discours institutionnels et les politiques publiques, la question de la participation effective des femmes rurales aux dispositifs qui leur sont destinés demeure peu interrogée. Comment expliquer que des besoins largement partagés, et désormais identifiés, ne se traduisent pas systématiquement par une mobilisation collective ?

Dès lors, la problématique de cet article est la suivante : dans quelle mesure la participation, lorsqu’elle est pensée comme un processus accompagné et co-construit, peut-elle constituer un levier pour agir contre cette double peine et réduire les inégalités de genre en milieu rural ?

b. Femmes rurales et politiques publiques : un retard structurel dans la reconnaissance des droits

Si les inégalités de genre font aujourd’hui l’objet d’une attention croissante dans les politiques publiques, leur prise en compte reste largement pensée à partir de contextes urbains. Les femmes rurales et agricoles apparaissent ainsi comme un public longtemps invisibilisé ou traité de manière indirecte, à travers des politiques sectorielles (agriculture, santé, famille) rarement articulées entre elles (Monier, 2021).

Historiquement, les droits sociaux et professionnels des femmes agricoles ont été reconnus plus tardivement que ceux des femmes en milieu urbain. L’accès à un statut propre, à une protection sociale autonome ou à une reconnaissance du travail effectué sur l’exploitation s’est construit de manière progressive et incomplète. Cette reconnaissance tardive continue de produire des effets aujourd’hui, notamment en matière de droits sociaux, de retraite, de protection en cas de séparation ou de violences, et de reconnaissance professionnelle (Comer, 2011).

Plus largement, les politiques publiques à destination des territoires ruraux tendent à appréhender les difficultés rencontrées sous l’angle de l’aménagement du territoire ou de l’accès aux services, sans toujours intégrer une lecture genrée des problématiques. Les enjeux spécifiques aux femmes rurales (santé sexuelle et reproductive, charge domestique, violences, isolement social, précarité économique) restent souvent relégués au second plan ou traités de manière fragmentée.

Ce décalage contribue à renforcer une inégalité territoriale des droits : à besoins comparables, les femmes rurales disposent de moins de ressources, de moins d’interlocuteurs spécialisés et de moins d’espaces d’expression que les femmes vivant en milieu urbain. Il alimente également des phénomènes de non-recours aux dispositifs existants, ceux-ci étant perçus comme éloignés, inadaptés ou difficilement accessibles. Dans ce contexte, la participation des femmes rurales aux actions qui les concernent constitue un enjeu central des politiques publiques contemporaines. Elle interroge la capacité des institutions à dépasser des approches descendantes et sectorisées, pour construire des réponses ancrées dans les réalités vécues et attentives aux effets cumulatifs des inégalités de genre et de territoire.

2. Méthodologie : une recherche-action participative en deux temps

La recherche s’appuie sur une démarche qualitative et participative menée sur deux années dans le cadre d’un partenariat avec la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Elle combine une phase de diagnostic territorial et une phase de recherche-action, visant à analyser les besoins des femmes rurales et agricoles et à expérimenter des formes de participation collective construites à partir de leurs expériences.

Ce travail s’inscrit dans le cadre de l’obtention du Master Intervention et Développement Social, parcours Intermédiation et développement social : projet, innovation, démocratie et territoire, à l’Université Paul-Valéry Montpellier. Menée en articulation étroite avec une expérience professionnelle en apprentissage, cette recherche mobilise une posture d’intermédiation, située à l’interface entre institution, territoires et publics concernés. Cette position a permis un accès privilégié au terrain, tout en nécessitant une vigilance constante quant aux enjeux de distance analytique et de réflexivité propres à la recherche-action.

a. Une première phase de diagnostic des besoins

La première phase de la recherche a consisté en un diagnostic des besoins des femmes rurales et agricoles. Celui-ci s’est appuyé sur une combinaison de méthodes : revue de littérature scientifique et institutionnelle, observations participantes, entretiens semi-directifs et échanges informels avec des femmes ressortissantes agricoles, ainsi que l’analyse de données internes à la MSA.

Ce diagnostic a permis d’identifier un ensemble de difficultés relevant de différentes sphères de la vie sociale : accès aux soins, conditions de travail, reconnaissance professionnelle, conciliation des temps de vie, mobilité, participation sociale et politique. Si cette première phase a mis en évidence l’ampleur et la diversité des problématiques rencontrées, elle n’a pas fait émerger, à ce stade, une thématique unique susceptible de structurer l’analyse.

b. Une seconde phase de recherche-action participative : du diagnostic à l’expérimentation collective

La seconde phase s’inscrit dans une démarche de recherche-action participative, visant à associer les femmes rurales et agricoles à la définition des problématiques et à l’élaboration des réponses possibles.

Dans un premier temps, l’ensemble des femmes rurales et agricoles ressortissantes des départements du Gard, de l’Hérault et de la Lozère a été convié à répondre à un questionnaire de sondage. Celui-ci avait pour objectifs de recueillir leurs besoins, d’identifier les difficultés rencontrées au quotidien et de mesurer leur intérêt pour un éventuel engagement collectif. Les réponses recueillies constituent un matériau central pour l’analyse.

Les résultats font apparaître de manière transversale un besoin central de lutte contre l’isolement, exprimé sous des formes multiples : isolement géographique, social, relationnel, professionnel et institutionnel. L’isolement apparaît ainsi non comme une problématique isolée, mais comme un facteur structurant des expériences vécues, en lien étroit avec les inégalités de genre et les contraintes propres à la ruralité.

À partir de ce constat partagé, l’hypothèse d’une mise en collectif a progressivement émergé, non comme une finalité en soi, mais comme un levier potentiel pour rompre l’isolement et favoriser l’expression des vécus. Sur cette base, des groupes de parole en non-mixité féminine ont été constitués sur différents territoires, dans une logique expérimentale et évolutive.

Les échanges au sein de ces groupes ont permis de faire émerger des thématiques variées, reflétant à la fois la diversité des profils des participantes et l’imbrication des problématiques rencontrées. Certains sujets relèvent directement de l’activité professionnelle agricole, appréhendée du point de vue des femmes (conditions de travail, reconnaissance, organisation du travail, articulation entre sphères professionnelle et familiale). D’autres sont plus explicitement liés aux rapports de genre, notamment autour de la santé sexuelle et reproductive, de la précarité menstruelle, de la santé mentale ou encore des violences.

Cette phase de recherche-action a ainsi permis de passer d’un diagnostic global à une compréhension plus fine des dynamiques collectives, en mettant en lumière la manière dont les femmes s’approprient ou non les espaces de participation proposés, ainsi que les conditions nécessaires à l’émergence d’une parole collective.

3. Résultats : comprendre la participation à l’épreuve de l’isolement

L’analyse des données issues du projet Bourgeons de Parole permet de dégager plusieurs résultats structurants. Ceux-ci ne doivent pas être lus isolément, mais comme les différentes dimensions d’un même processus : celui de la participation des femmes rurales, profondément façonné par un isolement multiforme.

a. L’isolement comme phénomène central et multidimensionnel

Le premier résultat majeur de la recherche réside dans l’identification de l’isolement comme problématique transversale, reliant l’ensemble des besoins exprimés par les femmes rencontrées. Cet isolement ne se réduit pas à une seule dimension.

Il est d’abord géographique : éloignement des services publics et de santé, faiblesse des transports collectifs, dépendance à la voiture, fracture numérique dans certains territoires. Ces contraintes limitent concrètement les possibilités de déplacement, de soin et de participation à la vie sociale.

Il est ensuite social et relationnel : poids des charges familiales et domestiques, rareté des temps pour soi, fragilisation des réseaux de sociabilité, effet de l’« entre-soi » propre à certains contextes villageois. Cet isolement est renforcé par la difficulté à évoquer certaines situations (violences, souffrance psychique, conflits conjugaux), souvent maintenues dans le silence.

Il est également culturel et symbolique : normes de genre persistantes, sentiment d’illégitimité à prendre la parole, intériorisation de rôles assignés, méfiance vis-à-vis des discours perçus comme militants ou institutionnels. À cela s’ajoute un isolement institutionnel, lié à des dispositifs jugés peu adaptés, trop formels ou éloignés des réalités vécues.

Ces formes d’isolement ne s’additionnent pas : elles se cumulent et se renforcent mutuellement, produisant des effets en cascade sur la santé, l’engagement social et la capacité à agir collectivement.

b. Du besoin exprimé à l’action collective : un passage non automatique

Un second résultat central concerne le décalage entre l’expression massive des besoins, notamment celui de rompre l’isolement, et la participation effective aux dispositifs proposés.

Si la majorité des femmes interrogées reconnaissent l’isolement comme une difficulté majeure, seule une minorité d’entre elles s’engage concrètement dans les groupes de parole.

Ce constat remet en cause une hypothèse implicite souvent présente dans le travail social : celle selon laquelle l’identification d’un besoin suffirait à déclencher l’action. La recherche montre au contraire que le besoin n’entraîne pas mécaniquement la participation.

Plusieurs freins entravent ce passage à l’acte :

  • des freins contextuels, liés à la mobilité, à la charge mentale, aux imprévus du quotidien et à la saisonnalité du travail agricole ;
  • des freins psychologiques, tels que la honte, la peur du jugement, le sentiment d’illégitimité ou la difficulté à se reconnaître comme « concernée » ;
  • des freins sociaux et symboliques, associés au coût de l’exposition de soi et à la prise de parole dans un cadre collectif.

La participation apparaît ainsi comme une démarche engageante, parfois risquée, qui suppose de dépasser des barrières bien plus profondes qu’un simple manque d’information.

c. Le coût émotionnel et social de la participation

L’analyse met en lumière une fracture sociale invisible, rarement prise en compte dans l’évaluation des dispositifs. Participer à un groupe de parole implique un coût émotionnel : accepter de se rendre visible, de partager des expériences intimes, de se confronter au regard des autres.

Ce coût est d’autant plus important que les sujets abordés (isolement, violences, santé mentale, épuisement) sont fortement chargés socialement et entourés de tabous. Dans ce contexte, le non-recours aux dispositifs ne peut être interprété uniquement comme un désintérêt ou un refus : il constitue aussi une stratégie de protection face à une exposition jugée trop risquée.

Ce résultat invite à considérer la participation comme un phénomène genré, culturel et affectif, nécessitant une lecture fine et sensible des obstacles rencontrés.

d. L’organisation comme condition de l’engagement

Un autre enseignement majeur concerne le rôle central de l’organisation des actions. La recherche montre que ce n’est pas uniquement le contenu des dispositifs qui conditionne la participation, mais bien le cadre dans lequel ils s’inscrivent.

Les lieux familiers et accessibles, les horaires compatibles avec les contraintes professionnelles et familiales, la possibilité de partir librement, l’absence de pression à la performance ou à la régularité constituent des leviers décisifs. À l’inverse, des cadres perçus comme trop institutionnels ou rigides peuvent renforcer la défiance et freiner l’engagement.

La participation apparaît ainsi comme un processus progressif, inscrit dans la temporalité propre des femmes, qui suppose souplesse, patience et adaptation continue.

e. Les effets transformateurs des espaces en non-mixité

Les groupes de parole en non-mixité féminine ont produit des effets spécifiques. Ils ont permis l’émergence de paroles rarement exprimées dans d’autres espaces, favorisant un effet miroir et une reconnaissance mutuelle des expériences vécues.

Ces espaces ont contribué à renforcer le pouvoir d’agir des participantes, non par une logique militante affichée, mais par la possibilité de se sentir écoutées, comprises et légitimes. La non-mixité apparaît ainsi comme un levier de sécurisation de la parole et de reconstruction individuelle et collective.

f. Dynamiques ascendantes et tensions institutionnelles

Enfin, la recherche montre que les dynamiques les plus durables sont celles qui émergent du terrain. Les initiatives portées par les femmes elles-mêmes s’ancrent plus solidement que les actions descendantes.

Dans le même temps, ces démarches participatives révèlent des tensions au sein du travail social institutionnel : injonction à la participation, contraintes d’évaluation, rôles professionnels parfois flous. La participation n’est pas neutre : elle engage des rapports de pouvoir et interroge les cadres d’action existants.

Conclusion

Cette recherche met en évidence un paradoxe central : les besoins des femmes rurales et agricoles sont largement partagés, mais leur traduction en action collective reste limitée. La participation ne va pas de soi ; elle doit être accompagnée, soutenue et pensée dans la durée.

Reconnaître le caractère multidimensionnel de l’isolement et les coûts associés à la participation conduit à repenser les pratiques d’action sociale et les politiques publiques. Il s’agit de passer de dispositifs conçus « pour » les femmes à des démarches construites « avec » elles, en laissant place aux dynamiques locales, à la temporalité longue et à l’expérimentation.

Au-delà des dispositifs, cet enjeu est profondément politique. Investir dans l’égalité en ruralité, c’est reconnaître les femmes rurales non comme de simples bénéficiaires de l’action sociale, mais comme des actrices essentielles du développement et de la vitalité des territoires.

Cette réflexion s’inscrit dans un ensemble de dynamiques existantes visant à renforcer la visibilité et l’émancipation des femmes en milieu rural et agricole. Elle fait notamment écho à des actions de sensibilisation menées à destination du grand public, telles que la diffusion du film Croquantes, réalisé par Les Films Hector Nestor, qui interroge les rapports de genre dans le monde agricole à travers des trajectoires de femmes rurales et agricoles. Elle entre également en résonance avec des initiatives portées par des réseaux associatifs et agricoles, comme la campagne “Dégenrons le monde agricole et rural” du réseau CIVAM, la plateforme “Dégenrons l’agriculture” (dont AgriGenre est une ressource), ainsi qu’avec des travaux de recherche et d’enquête récents, notamment ceux de l’Institut Terram, qui mettent en lumière les réalités vécues par les femmes rurales et les mécanismes d’invisibilisation auxquels elles sont confrontées.

Sidonie Tisseau
Chargée de projets Femmes en milieu rural et agricole, MSA du Languedoc.

Pour citer cette publication : Sidonie Tisseau, Femmes en ruralités : quand la participation devient un levier face aux inégalités de genre, AgriGenre, septembre 2026  
Source en ligne : https://agrigenre.hypotheses.org/34977
DOI : https://doi.org/10.58079/16pgp

Bibliographie

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Galland Olivier, Lemel Yannick, Sociologie des inégalités, Armand Colin, 2018

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Rapport d’information du Sénat, Femmes et agriculture : pour l’égalité dans les territoires, 2017.

Rasplus Valéry, La part des agricultrices et des agriculteurs entre 1970 et 2020 : attention à l’effet pourcentage ! , AgriGenre, avril 2022.

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